LONGUE VIE AUX VACHES !
LONGUE VIE AUX VACHES
Un rêve européen à l’heure de la post-vérité
1/ Notre gouvernement s’en prend aux vaches. Un édit fédéral venant de l’UE décrète qu’une maladie sans risque pour les humains, la dermatose nodulaire contagieuse, doit être impitoyablement combattue. Lorsqu’une vache est touchée, la maladie peut conduire à une guérison et quelques rares fois à son décès. La viande reste comestible. On peut isoler la vache malade pour la soigner. On peut éloigner les autres vaches et les vacciner. Pourtant, l’édit fédéral européen considère que toutes les vaches doivent être supprimées, fussent-elles saines et vaccinées. Cette extermination technocratique est appelée « dépeuplement » en langage UE. Le « dépeuplement » signifie l’abattage total du troupeau en langue courante, ce qui inclut aussi les veaux, les génisses et les vaches en gestation.
C’est donc un massacre.
Massacre des animaux d’abord et à travers eux, du Vivant. Les vaches, si débonnaires et nourricières, si bien traitées dans les petites exploitations, ces vaches ne méritent pas ça.
Massacre du travail et de la dignité des paysans ensuite. Les paysans font partie des citoyens les plus courageux, les plus travailleurs et comptent trop souvent parmi les plus pauvres. Le fruit de leur travail nourrit tous les autres. Eux non plus ne méritent pas ça.
Massacre d’un patrimoine transmis par 200 générations avant eux et qu’à leur tour les agriculteurs d’aujourd’hui transmettent aux plus jeunes. Le troupeau d’une petite ferme provient de 4.000 ans de sélections et d’artisanat. Il contient tout le fruit et toute la science de centaines de paysans avant nous. Chacun d’eux, en son temps, a choisi les animaux donnant la meilleure qualité de viande et de lait, et avec ceux-là il a reproduit et perpétué son troupeau.
Un tel héritage vient du plus profond des âges et continue chaque jour de forger, distiller et raffiner, caillot à caillot, nos fromages, notre viande, nos paysages.
Trouve-t-on sur le marché des troupeaux issus de 4000 ans de paysannerie ? Dans la fièvre acheteuse de l’UE, ce Pays-continent de la concurrence libre et non faussée, la question sera inévitablement posée. Le commun des mortels sait qu’on ne peut acheter 4000 ans d’histoire, pas plus qu’on achète la paix, le respect ou l’amitié. Mais pour les technocrates de l’UE et les néolibéraux, c’est tout à fait concevable. Tout s’achète et tout se vend. Un troupeau irremplaçable, ça ne peut pas exister.
Des ignorants incompétents accomplissent avec zèle et méthode cette œuvre de destruction, d’éradication et de nihilisme. Le technocrate bruxellois ou le ministre parisien peut devenir l’auteur d’une épuration au sens le plus noir et le plus atroce parce qu’il est certain que c’est pour un Bien. Si cela permet, croit-il, d’éradiquer la Dermatose Nodulaire Contagieuse, alors il faut le faire.
Qu’il soit disproportionné, voire contre-productif, de faire disparaître 208 vaches en bonne santé pour 1 malade, ce n’est pas leur question. Que 70 vétérinaires expriment leur désaccord sur le protocole sanitaire et la préfecture de l’Ariège fait planer la menace d’un retrait d’agrément pour qu’ils s’exécutent. Que 2300 médecins publient une lettre ouverte au premier ministre pour mettre en cause l’initiative « Omnibus VII » visant à pérenniser l’agrochimie et les pesticides, ils sont bannis des médias et d’Internet (planquer 2300 médecins, c’est fort tout de même !) Que des médias en quête de vérité (il en reste combien?) posent les questions et recoupent les informations et ils seront affublés de désinformation. Que des réseaux sociaux diffusent ce texte et ils seront complotistes.
Rien n’arrête la radicalité sanitaire des politiques mondialistes. Peu importe qu’on s’en prenne à nos campagnes, nos terroirs, notre gastronomie. Qu’on détruise notre Art de vivre, nos fondations les plus anciennes, notre humanité la plus profonde. Qu’on assassine ce trésor premier, source de notre langue, de nos patronymes, de notre Culture.
Une petite ferme, ce n’est pas la somme de vaches et de bâtiments. C’est un organisme vivant qui produit des richesses, qui perpétuent et transmet des savoir-faire, une communauté d’hommes et d’animaux élevés au grain et pétris par la nature. Une entité faite pour en nourrir des centaines d’autres.
Dans mon métier d’architecte, nous pratiquons l’Art de bâtir et d’abriter. Comme les paysans, les constructeurs répondent aux besoins premiers des humains : se nourrir, se loger. Eux et nous sommes chaque jour liés au terrain, au concret, au sol, à la géologie. Liés par le sens de notre travail tourné vers les autres. Environnés par la matière (pierre, terre, bois, paille, chanvre…) et par les paysages que nos métiers façonnent. Les paysans avec du Vivant et nous avec ces matériaux. Liés par nos contributions empiriques à ce qu’on appelle la Civilisation, elle-même liée à nos ancêtres, eux aussi héritiers, artisans et passeurs de Culture.
Nous refusons ces abattages aveugles qui, pour protéger l’intérêt de grands exportateurs européens, détruisent la Vie au plus profond de nous et de nos campagnes.
2/ En France, sur les plateaux de l’Ariège la semaine dernière, des centaines de paysans et de Citoyens se sont regroupés pour protéger ce trésor inscrit dans une petite ferme ciblée par la sentence de mort du gouvernement. Fait inouï et presque jamais vu, toutes les organisations agricoles sont présentes dans ce soulèvement. Même la plus pro-industrie d’entre elles s’est déplacée alors que d’ordinaire elle crèche au ministère de l’Agriculture.
Ces syndicats paysans qui si souvent se font la guéguerre, partagent pour une fois la même détresse, la même colère, la même demande : protégeons les vaches saines, isolons et soignons les malades et au besoin, euthanasions. Comme le font la plupart des pays d’Europe et du monde.
En réponse, le préfet a envoyé 17 cars de CRS, deux hélicoptères et des chars Centaure. Ils ont lancé l’assaut en rase campagne en pleine nuit. L’Etat a marché sur la ferme et les 700 paysans rassemblés avec des lacrymogènes, des LBD et des mitrailleuses téléopérées de 7,62mm. « Mort aux vaches !».
Entre samedi et dimanche, toutes les vaches ont été tuées, parfois suffocant dans les gaz, parfois sous les yeux de leur veau. Elles ont ensuite fermenté dans 4 semi-remorques jusqu’à leur autorisation de circuler (pas de poids lourds sur les routes le ouiquaine). Leurs carcasses ont été envoyées à l’autre bout de la France pour être incinérées. Peut-on tomber plus bas dans le gaspillage, la destruction et le manque de respect ? Par un retournement complet de sa raison d’être, l’Etat français accomplit une œuvre de décivilisation. Cette besogne rebutante est la négation de notre âme. A tel point que plusieurs CRS ont fait défection. Se peut-il que l’Etat français soit devenu barbare ?
La brutalité forcenée venue d’en haut est un signal gravissime. Macron attaque le contrat social et atomise la promesse républicaine. Quand les agriculteurs crient « laissez-nous vivre et travailler », il se crispe, ses ministres tabassent. Puis, ses services de comm’ et les médias font le service après-vente. Une propagande souvent très éloignée d’arguments scientifiques et vérifiés, plutôt du bourrage de crâne allant jusqu’à diffuser des images retouchées par l’IA, comme celles où les deux hélicos lançant des lacrymogènes ont été effacés. Qu’est-ce qui est en train de se passer chez nous ? Dans quelle réalité nous fait-on plonger ? Pouvons-nous être plus éloignés de l’honnêteté et du débat démocratique ?
Les paysans participant aux barrages expliquent qu’ils alertent le gouvernement depuis des mois ainsi que tous les partis politiques, sans exception. Et l’inconcevable se produit chaque jour depuis des mois : le gouvernement ne répond pas. Ni aucun parti politique. Les abattages de troupeaux se succèdent, l’épidémie progresse. Mais tous nos dirigeants français restent silencieux. Où sont-ils au moment où l’on extermine nos campagnes ? Partis rejoindre le cirque médiatique ? Ronfler dans les salons de Bruxelles ? Traîner leurs guêtres (et leur dossier) sur un golf en Ecosse ?
Les politiques sont élus et payés pour écouter la demande sociale, estimer sa légitimité, traduire les colères en problématiques, les problématiques en vision, la vision en projets et en solutions.
Mais nous voilà à ce moment de l’Histoire où chez nous en France, les partis politiques ont disparu du champ démocratique. Sans la moindre vergogne, ils restent au pouvoir. Ils dirigent mais ne servent plus les français. Ils se servent eux. Et leurs donneurs d’ordre. Et il en va de même partout en Europe.
3/ Depuis le NON à la Constitution Européenne des danois, des français et des néerlandais en 2005, les politiques se font en douce pour contourner la décision souveraine des peuples.
Un exemple : quand la commission européenne achète 8 fois plus de vaccins Covid que le Royaume Uni, elle les paye plus cher que nos amis anglais. Bizarre ? Le parlement ouvre une enquête sur cette étrangeté, alors la commission tente d’effacer les traces de son marchandage. Depuis trois ans, Von der Layen refuse de transmettre à la commission ses échanges de SMS avec Pfizer. Plus vicieux : elle propose une loi pour que les SMS des membres de la commission soient effacés après 6 mois. Encore plus vicieux : en octobre dernier, l’Agence Européenne du Médicament (EMA) demande aux chercheurs français de « supprimer les données publiques relatives aux effets indésirables des vaccins COVID-19 », sans donner de motif. Mais que cachent donc nos grands technocrates européistes ?
Jeudi prochain 19 décembre, le conseil européen (l’ensemble des gouvernements) voudrait signer le MERCOSUR. Ce traité ouvre nos pays à l’importation massive de produits agricoles de basse qualité, venu du bout de l’Atlantique et dopés avec de la chimie que l’UE interdit sur son sol !
Alors qu’elle pourrait être en position de force pour obtenir des pays tiers la même chose que ce qu’elle impose à nos paysans, l’UE renonce à toute exigence environnementale avec ses partenaires ! Le sabordage de notre agriculture et de notre souveraineté alimentaire est en vue.
Peut-on faire plus absurde et plus suicidaire ?… Oui.
L’an prochain, la Politique Agricole Commune sera amputée de 25% (proche de 50% en France), pour cause de guerre en Ukraine, un pays hors UE rappelons-le.
Elle a beau être dirigée par une femme, l’UE fonctionne comme une entité phallocrate : plutôt que défendre l’environnement avec nos partenaires, elle roule au service des forces de l’argent. Elle est en guerre, oui. Non contre la Russie mais contre les sols, contre les petits paysans et contre les peuples. L’UE est soit au fond d’une impasse soit à un point de bascule.
A présent qu’elle se dresse au grand jour contre les Vaches, les paysans et les peuples européens, acceptons de reconnaître une Vérité, fût-elle catastrophique : l’UE est un échec car elle est devenue un contresens historique. Bâtir l’Europe par le commerce et le pouvoir d’achat nous appauvrit, confisque nos terres et détruit nos Cultures. La paix promise n’a empêché ni la guerre des Balkans, ni celle d’Ukraine. L’UE est la chimère du libre-échange. La chimère de grands industriels et de marchands avides qui n’ont rien à faire du Vivant. Et c’est à présent notre boulet.
Les européens n’ont jamais demandé ça ! Le rêve européen était celui d’un continent où l’amitié entre les peuples permettrait de franchir les barrières dans nos esprits et nos cultures. Vaclav Havel le savait bien, lui qui parrainait en 1990 à Prague la fondation de l’Assemblée Européenne des Citoyens (Helsinky Citizen’s Assembly), créée dans le formidable élan de Liberté de la chute du mur à l’Est.
Mais il semble qu’ensuite, l’ivresse de la « victoire » couplée à la généralisation de notre confort matériel nous ait assoupis. Nous nous sommes désaccoutumés du froid qui pique, des responsabilités qui poivrent et du sel de la prise de risque. Nous avons laissé la satisfaction de nous-mêmes nous anesthésier. Et le monde entier a bien lu sur notre porte « Ne pas déranger ». Ici, on dort !
4/ Si en Europe il n’y a pas d’instances citoyennes pour guider l’UE, à Paris il n’y a pas non plus de personnel politique capable de répondre au peuple quand sévit la sauvagerie barbare de l’Etat. Lorsque « le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple » n’est plus, nous sommes en droit de rétablir la démocratie. En droit et en devoir de nous réveiller !
Ce réveil commence aujourd’hui : citoyens européens, protégeons nos Vaches !
Après les ravages de l’agro-industrie sur les terroirs, les carnages de la malbouffe étasunienne sur notre santé, la perte de biodiversité par les herbicides et les monocultures, arrêtons les frais et réfléchissons deux minutes !
Il est l’heure de nous poser cette question inédite, étrange et saugrenue : et si notre économie sanctuarisait le Monde Vivant, à quoi ressemblerait-elle ? Pourrait-elle nous nourrir et nous combler ? Serions-nous en meilleure santé ? A quoi ressembleraient nos ressources naturelles ? Seraient-elles plus ou moins polluées qu’aujourd’hui ? Le respect de la Vie apporterait-il des tensions ou de l’apaisement dans nos sociétés ? Qu’est ce qui changerait tout autour et dans nos bâtiments ?
Le film de Coline Serreau nous apprenait il y a plus de 15 ans que l’agro-industrie n’a pas tenu sa promesse de nourrir le monde. Et qu’elle ne pourra jamais le faire. La Révolution verte n’a pas apporté la souveraineté alimentaire aux pays en développement. Que tout cela a servi avant tout la pétrochimie, les Etats-Unis et leur système d’asservissement du monde.
On sait aussi que l’agriculture artisanale existe partout sur terre, qu’elle est souvent biologique sans le savoir et qu’elle peut nourrir le monde entier. On sait qu’elle peut le faire lorsqu’on lui laisse la place et qu’on met les paysans en capacité de trouver eux-mêmes leurs rythmes, leurs outils, leurs techniques. Au lieu de les contrôler ou de les forcer, nous devons leur permettre de faire usage de leur sérendipité, qu’ils utilisent aussi naturellement que leurs mains, comme tout sapiens empirique.
On sait que rien qu’en France, cette agriculture fournirait du travail à un million de personnes. Des emplois intriqués dans leur terroir, passeurs de Vie et de Culture, absolument pas délocalisables. Des emplois bénéfiques pour le sol, pour l’eau, les arbres, les insectes, la faune sauvage… pour l’Air.
Il est l’heure d’écrire dans notre Constitution : la Vie n’est pas à vendre. Le Vivant n’est pas à breveter. Le Sol organique est le plus précieux de nos biens matériels. Aucune firme ne peut détenir de droit sur les semences. Aucun Etat ne peut taxer l’Eau de pluie. Nous n’avons besoin d’aucune autorisation pour planter ou récolter ce que la Nature compte d’espèces locales. Seuls les peuples du monde peuvent en décider, chacun pour son pays ou sa localité.
C’est peut-être cela le destin du rêve européen : sanctuariser le Vivant, faire muter et transformer notre économie pour qu’elle tourne en osmose avec la Vie, avec l’Avenir. Devenir une Civilisation consciente des limites de notre planète et qui met en pratique ces préceptes artisanaux de sobriété et d’intelligence pratique pour perpétuer les espèces. Pas uniquement sapiens. Toutes, le plus grand nombre possible.
L’Europe pourra tirer de ce choix et de ses efforts une souveraineté retrouvée, elle saura à nouveau s’auto-suffire. Elle n’exportera que ses surplus. Elle trouvera auprès des autres régions du monde la légitimité de demander en retour la même chose : elle n’importera que des produits de terroirs, bons pour la Vie et la santé. Si cette condition est remplie, elle acceptera d’échanger et de coopérer sur d’autres plans : sciences, cultures, enseignements, recherches... Ainsi la rencontre des cultures se passera à armes égales, entre artisans de la terre, amis de la Vie et des Vaches, hors de toute emprise industrielle ou financière.
Un tel revirement de notre Histoire est-il possible ? Peut-être. Mais en aucun cas si nous restons engourdis. Commençons par faire usage de notre Liberté à disposer de nous-mêmes !
5/ Il est l’heure de refuser ces abattages, de refuser le MERCOSUR. Nous sommes nombreux à le vouloir. Vendredi dernier, le peuple bulgare a fait tomber son gouvernement corrompu. En Grèce, 20 à 25.000 tracteurs se sont rassemblés. En France, en Espagne et en Italie le monde rural profond se soulève. Et même au travers d’une censure gigantesque des informations, les autres pays entendent et voient. Ils arrivent…
Citoyens et souverains, rassemblons-nous. Constituons notre Forum Civique Européen. Portons notre message pour le pays et pour le continent, rassemblons-nous par milliers, par millions le dimanche 11 janvier 2026 de 10h à midi dans un esprit de concorde, de curiosité et de perspicacité continentales. Puis autant de dimanches qui suivront jusqu’à ce que nous ayons obtenu gain de cause.
Retrouvons-nous devant nos préfectures, habillés comme chaque jour. Sans accoutrement, sans drapeaux ni signes distinctifs. Juste des Citoyens vêtus des couleurs de tous les jours. Pas de noir. Les préfectures sont les lieux de notre souveraineté. Apportons des fleurs que nous déposerons devant, comme nous fleurissons nos maisons. Ni haine. Ni arme. Juste une fleur (trois euros).
Elles feront le lien naturel entre tous ces Forums Civiques Européens aux quatre coins du continent… Formons nos assemblées. Décidons ce que nous voulons pour nos Vaches, pour le MERCOSUR, pour le Vivant, pour nos Libertés. Pour nos enfants. Ne nous laissons pas distraire par le divertissement ou par les écrans. Ne nous trompons pas de combat. Celui-ci est primordial.
Si les animaux sont en paix avec nous, le monde le sera aussi. Longue Vie aux Vaches et aux Citoyens. C’est cela le rêve européen.
Alexis Monjauze, le Puy en Velay, le 17 décembre 2025, mis à jour le 13 janvier 2026
https://www.instagram.com/longuevieauxvaches/
https://www.facebook.com/profile.php?id=61586236017766
https://libres-et-responsables.fr