L'UE n'est pas l'Europe ; elle n'est qu'une version très imparfaite du projet européen.
Si la participation aux élections européens qui ont eu lieu il y a 4 jours est remontée de 8 point (43 % en 2014 à 51% cette fois) peut-on en tirer une quelconque conclusion sur la viabilité de l’UE dans sa forme actuelle? En quoi un surcroît de légitimité électorale pour ces députés sans compétences réelles répondra aux défauts de Schengen, à la concurrence fiscale, aux dévaluations internes des pays, aux effets délétères de l’Euro, à l’absence de nouveaux projets industriels continentaux, à l’hégémonie de la CJE sur les lois nationales en matière d’immigration, de gouvernance économique, de droits individuels ?…

Si la “tectonique” voit les Verts progresser, ainsi que les centristes libéraux de ALDE, on ne voit pas en quoi cela agira sur les traités CETA, TAFTA, sur la protection de nos agricultures, industries et de nos savoir-faire, sur la fiscalisation des GAFA et autres…?

Enfin, qualifier “d’anti-européens” tous ceux qui font la critique de l’Union Européenne n’est -il pas facile et caricatural? La plupart sont en réalité europhiles mais anti-UE.
L’UE n’est PAS l’Europe. L’UE n’est qu’une voie parmi d’autres, une voie de convergence choisie par les européens à un moment de l’histoire (1986). Il est tout à fait possible que cette voie soit une impasse, qu’il faille revoir certains principes, rebrousser chemin pour repartir sur des bases meilleures.
Par exemple, revenir juste avant l’acte Unique de 1986, opter pour une monnaie commune et subsidiaire en plus des monnaies nationales, redonner aux Etats la maitrise de leur politique budgétaire et monétaire mais en échange les soumettre au contrôle des Citoyens Européens par l’entremise du RIC, développer l'Europe des Cultures et l'Europe des Citoyens en leur confiant des missions et en finançant des projets..


Bref… l’Europe est un PROJET toujours en mouvement. L’UE a été une étape ou une période de ce projet, dans une version imparfaite, trop imparfaite pour rester ainsi.

Elle devra se refonder, et le risque est grand qu’elle ne le fasse qu’une fois enfoncée dans la crise qui lui pend au nez… et que les européistes enchanteurs comme COHN-BENDIT ne veulent ou ne peuvent pas voir.


Alexis Monjauze

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